jeudi 17 janvier 2013

[Poème] Nos Décors.


Nos Décors.


Aux creux du vallon, deux doigts qui courent, duel.
J'entend l'étreinte des collines, en écho, emprise,
Sciures, tranchée parfaite, éprise,
Humide au matin, rosée et sensuelle.

Et clamant aux nuées, à qui voudrait l'entendre,
Ton tiède demi-sommeil, racines de mes nuits,
Si tu ne me touches pas, à jamais tu me nuis,
J'ai mes lèvres à donner et toi ton corps à tendre.

Qu'il pleuve sur l'hiver, qu'importe les vallées,
Arpenter par derrière, goûter l'orée du bois,
Perlant d'un crachin froid, s'il le faut je te bois,
Et parle moi de toi, je peux tout avaler.

Couleuvres aux couleurs d'or, c'est l'ivresse du serpent,
Je te lis quand tu dors, viens frapper à tes rêves,
Si les coups t'ont fait mal, je proposerais une trêve,
Et glissons nos décors, ta nature en suspend.

jeudi 10 janvier 2013

[Texte Perso] Aller de l'avant?


J'avais ces lieux, mais comme à chaque fois que je tente d'écrire quelque chose, les élans de douleurs sont plus puissants, détruisant la créativité, s'immisçant dans ma tête, verrouillant certaines possibilités de créativité artistique.
D'aucun suggère que de la contrainte nait la vraie liberté de création, je suis assez d'accord, dans la douleur en revanche, et ce à moins d'un travail sur soi assez conséquent, il est difficile d'écrire.

Mais ai-je le droit de m'abandonner à la plainte? Serais-ce là suivre mes propres enseignements paliériques? Ce que je prône depuis des années? 
Une fille, bien plus intelligente que moi, à un jour parlé "d'activisme libérateur", si je veux me libérer, je dois me mettre en branle, agir, sans tarder.

Les jours coulent, irrattrapables, les regarder passer est une hantise du quotidien, un long gouffre béant dans lequel se jettent chaque matin des milliers d'innocents jouissant d'une passivité sécurisante.

Bien sûr, il y a toujours cette limite, le moment crucial où j'envie ceux qui savent se satisfaire du quotidien, de légèreté, d'une si belle simplicité, de certaines personnes que j'ai pu croiser en province, qui n'avait cure des problèmes des citadins, et qui faisait bien.

Mais je ne crois pas pour autant en être capable un jour, vivre simplement, oserai-je dire "d'amour et d'eau fraiche" sans me faire un Seppuku sentimentale?
Je n'ai versé de larmes depuis, accentuant encore la difficulté de certains soirs, et surtout, de certains matins lorsque le soleil n'est pas encore levé et qu'il faut aller affronter les hecto-litres de bêtise en sachant que personne ne viendra nous réconforter comme on le voudrait.

Je me force à écrire car j'en ai assez de me voiler la face, je souffre comme un abrutis, bloquant toute tentative d'entré à mes pairs, glissant, feignant et devenant relativement imbuvable par moments lorsque mes yeux s'embrument d'un nihilisme fatidique et irrespectueux.

Tout comme je me plais à me répéter par moment mentalement car je ne peux le prononcer à haute voix face à mes enfants, 
"Tu mériterais une bonne leçon!"

Je ne vais pas me sanctionner, mais me secouer ne me ferrait pas de mal, c'est certain.
A l'époque, j'avais su trouver les mots, mais c'était avant, j'ai un peu peur que mon meilleur niveau soit derrière moi, mon orthographe progresse un peu, mais mes rêves chutent, j'avais écris un morceau là dessus tiens.

Le Berceau des illusions, tel une marraine salvatrice, j'y avais glissé mes plus beaux sortilèges, j'avais tout fait pour le protéger, mais rien n'est plus mortel que la désillusion amoureuse, tristement, elle gagne à chaque fois.

Je souris en repensant à tout ce que j'ai pu prévoir durant ces trois années que l'on m'a offert, qu'elle m'a offert "hey, là tu te pose des questions, mais tu verras quand elle ne sera plus là, tu te rendras compte, tu te rendras vraiment compte".

Je suis un indécrottable borné qui à besoin d'avoir raison, mais putain, cette fois-ci, ce que j'aurais aimé me tromper…

dimanche 9 décembre 2012

De l'Ecriture d'Automne, mère et fils.






J'ai l'impression qu'à chaque fois que je me remets à écrire le froid revient, comme si coucher sur "papier" mes pensées s'accompagnait de flocons d'esprits éternellement froids.
Je prend la température de mes textes, ces derniers temps ils sont un peu fiévreux, alités, ils manquent d'énergie je trouve.
L'écriture est un exercice tellement particulier et tellement difficile, s'émanciper de ses propres codes devient un combat quotidien, perpétuel.

Mon article de Novembre intervient un peu tard, je vous l'accorde, mais j'ai été quelque peu occupé par mon travail sur les Rabbit Sisters et puis, je dois l'avouer, par ma découverte récente de ce phénomène vidéoludique qu'est League of Legends.


Exercice de style sur Nigthawks de Hopper


J'aimerais commencer en vous proposant ce court texte qu'a écrit ma mère il y a peu.
N'hésitez pas à laisser des commentaires si le coeur vous en dit, je lui transmettrais.


Nigthauwks, Hopper, 1942





















Phillies' La dernière séance de la femme à la robe rouge.

C'est un ticket qu'elle tient dans la main. Un ticket bleu. Un ticket de cinéma. Elle le tourne et le retourne entre ses doigts. Elle n'est pas vraiment là. Elle est encore dans la salle. 
C'était la dernière séance. Ils sont sortis du cinéma il y a 20 minutes, ils ont marché un peu au hasard, silencieux, et soudain au croisement de 2 rues sombres, les grandes baies vitrées se sont imposées à leurs yeux fatigués tel un diamant jaune au milieu d'émeraudes. Un endroit idéal, un seul client et le garçon qui s'affaire derrière le comptoir. Sans doute sur le point de fermer, il range un peu et lave les dernières tasses. Il est tard, la femme rousse a posé son manteau sur le tabouret d'à côté, elle a un peu froid, pourtant ce n'est pas l'hiver, pas encore. Elle repose ses coudes sur le bar en acajou presque chaud. La couleur cirée a la même teinte que ses cheveux. Elle se penche, un peu en appui, et allonge bien à plat son avant bras pour mieux sentir la douceur du bois sur sa peau nue.
Elle n'est pas vraiment là, elle se voit, son compagnon à ses côtés et cet autre homme plus loin isolé dans ses pensées, elle entend le tintement étouffé des tasses qui s'entrechoquent. Aucune des quatre personnes n'a envie de parler, ils sont épuisés, tellement seuls. La nuit dehors est profonde qui les enveloppe, même ici sous cet éclairage cru, la nuit dehors les pénètre jusqu'aux os. Elle ressent dans son corps, dans ses battements de cœur ralentis, le temps qui passe et étire ses minutes, le temps qui prend son temps et s'écoule ainsi que les grains de sable d'un sablier. Tout a un éclat étrange et le silence est plus épais. 
C'est souvent ainsi après un bon film, on reste encore sous l'œil de la caméra. Les éléments du décor qui nous entourent ne semblent pas vraiment à leur place et s'agencent différemment, il y a une légère distorsion et l'on a du mal à accommoder sa vision.
Elle tourne et retourne le ticket bleu entre ses doigts. Elle n'est plus là.
Elle est dans la salle aux fauteuils rouges. Rouge aussi le velours du rideau de scène. Et rouge encore la robe qu'elle a choisie. 
Le cinéma c'est grand. Grand comme un écran. Grand comme un visage en gros plan. Grand comme des yeux mouillés, une bouche qui tremble. Plein écran. Tout est bizarrement distordu, on croit suivre un long travelling alors qu'il s'agit d'un plan séquence presque immobile, rythmé à un battement de cils. Assise dans le noir, à côté de son homme étrangement distant, elle est seule avec l'image qui s'incruste en miroir sur son iris. Et ce sont ses yeux qui pleurent, sa bouche qui se tord. La tristesse la terrasse, elle s'y abandonne volontiers puisqu'elle sait que ça ne durera pas. Elle s'enfonce dans son fauteuil, agrippe fortement les accoudoirs. Le temps d'un gros plan, 1, 2, 3 secondes… et cela lui fait du mal, cela lui fait du bien. Il lui est impossible de résister à la musique, au rythme des images qui défilent puis se figent. C'est angoissant de perdre le contrôle mais rassurant tout autant. 
Le cinéma c'est vivant. Intensément vivant. Divinement brillant. Lorsqu'ils ont quittés la salle, ils sont passés devant l'ouvreuse qu'elle avait remarquée, songeuse et appuyée au mur pendant la projection. Ella a pensé que cette fille était aussi belle qu'une actrice. Ils ont franchi le hall lumineux et se sont perdus dans la nuit, leurs longues ombres s'allongeant jusques aux trottoirs.   

1942, CasablancaAs time goes by
Here's looking at you, Kid







Un poème alors?


Et puisque l'écriture semble être une entreprise familiale, j'enchaine avec mon dernier texte, j'espère qu'il vous plaira.








L'hiver en vers


Livrez-nous l'hiver, de la neige au gibet,
Nous réclamions des vers, éclaboussant les foules,
Le sang des rimes en fer qui sur les crânes coule,
Ces gens levaient leurs verres, ivres de quolibets.

Des énoncés du froid, du gel au bas du pied,
La métrique est saison, le poète en grelotte,
Il clame son gilet et conte sa culotte,
S'habille à l'élancé lorsque cela lui sied.

Il approchait potence et ne va point le feindre,
La peur en lui le lance, chancelant sous les coups,
Le peuple attend ses phrases, le peuple attend beaucoup,
Un vent glacé se lève quand il s'apprête à peindre.







Il est amusant de voir que je fais allusion à la peinture, même si ce n'est pas inhabituel, je trouve que cela rebondit finalement assez bien avec le texte au dessus.






jeudi 4 octobre 2012

Des Films récents, de l'érotisme "littéraire", le mix pour l'automne de Miss Veronika et de la musique de Jeux Vidéos.


"Hey!Listen!"




Mon père m'a déjà fait remarqué qu'il possédait une grande culture automobile mais que cela ne lui servait pas dans la vie et que c'était dommage. Nous sommes plusieurs à posséder ,comme ça, une culture qui tend à l'exhaustif dans un domaine ou un autre, mais malheureusement souvent dans un domaine qui ne nous sert pas dans la vie de tout les jours.
Lui c'est les bagnoles, moi c'est clairement les jeux vidéos.


8bit my love


je suis né en 1987 et j'ai eu ma première console, une Nintendo Gameboy en 1991 il me semble.
Mes premiers jeux étaient kirby dream land et Tetris.
Tout le monde connait ce dernier donc je vais plutôt m'attarder un brin sur l'oeuvre mettant en scène une mignonne boule rose doté d'une compétence plutôt gourmande, celle d'avaler à peu près tout et n'importe quoi.
En plus d'être un jeu de plateforme très bien foutu, Kirby dream land (que j'ai refais à peu près mille fois en imaginant parfois faire un autre jeu car je n'avais que celui-ci à l'époque) possédait une bande-son complètement entrainante mais épileptique qui devenait assez rapidement insupportable, jugez plutôt:






Horrible n'est-ce pas? Et pourtant une émotion presque tangible m'envahi encore lorsque je vois cette vidéo et étrangement je trouvais la musique plutôt agréable à l'époque.

Notre second extrait est plus récent, en 1995, Rareware qui n'était pas encore le studio de malade qu'il allait devenir par la suite (entre autre grâce à des tueries sur Nintendo64) s'illustre avec un jeu de combat sombre et violent évoquant notamment un certain Mortal Kombat (de part ses fatality et son aspect sanglant).

Mais si ce jeu m'a marqué, c'est aussi et surtout pour son ambiance et sa bande-son.
Le thème principal résume à lui seul l'essence du jeu, il faut recontextualiser, mais même avec les années, ça reste assez fou.







Ah... ces nappes de synthés sombrissimes du début, je suis persuadé que mon amour de la musique électronique me vient, entre autres, de ce genre de morceaux.
De la musique électronique il en est question aussi dans la section suivante, attention, je vais vous bluffer avec cette transition bancal!


*Magic Tranzicheun*


I'm Sexy and i know it.


Miss Veronika/ Veronika Nikolic n'est pas une débutante lorsqu'il s'agit de l'art controversé du Djing.
Depuis plusieurs années maintenant elle diffuse sur le net des mixs de qualité qui ont en commun d'être particulièrement propres et carrés.
Ils s'agit souvent de morceaux d'Electro-Techno, de Minimal et d'electronica mélodique et agréable.






Je ne suis pas toujours friand de tout ce qu'elle fait (vis à vis du choix de certains morceaux) mais son dernier mix est fort bon (il rappelle de vieux mix à elle que j'adorais) et je vous le recommande vivement d'autant qu'il est téléchargeable gratuitement ICI.


A la fois agréable à l'écoute et parfait pour un warm-up de soirée entre amis, il apportera une touche de sensualité électronique à votre Automne.


Croix, croix carrééé rond et triaaaangle.


Parlons à présent un peu de cinéma.
j'ai vu il y a peu un film étrange pas dénué d'intérêt, Triangle.
Ce long-métrage est réalisé par Christopher Smith (en 2009) à qui l'ont doit Severance, Creep et Black Death que je n'ai pas encore vus et qui réalisera un court-métrage dans l'intriguant "Paris i'll Kill You" (genre de "Paris je t'aime" mais en version horror).
C'est donc en néophyte complet du réal' que je me suis penché sur son film.

De base déjà, j'étais intrigué car j'aime le coté un peu mystique du Triangle des bermudes et les questionnements liés aux nombreuses disparitions de navires et d'avions (il y a encore eu un cas de disparition début 2012!)
Le film parle d'une jeune femme, étrangement perturbée qui part malgré tout faire une virée en bateau avec un mec qu'elle a rencontré et des amis à lui, bien entendu, ça se passe pas forcément comme elle voudrait.


L'affiche qui tape bien.


Inutile de laisser supposer que ce film permet d'étancher sa soif au sujet du mystérieux triangle des bermudes, c'est n'est pas le cas.
L'intérêt se situe ailleurs, dans une circularité malsaine et attirante à la fois qui plonge le spectateur dans un spectacle surréaliste, parfois brillant, même si l'on reste un peu sur sa faim quant à l'inévitable dénouement tant la progression laisse entrapercevoir quelque chose de plus fou.







Il nous reste un bon film, angoissant à défaut d'être effrayant et qui rebondit habilement d'idées en idées malgré quelques longueurs, à voir!



Les Chevaliers c'est plus ce que c'était


Apprécié d'un public majoritairement masculin et relativement mature de part le ton et les graphismes un peu rebutant, le manga Berserk est en général décrit comme une œuvre complète et puissante.

J'avais lu dans Mad Movies qu'ils sortaient un genre de genèse en film d'animation et que les images seraient de toute beauté, comme on me promettait aussi de la baston sanglante et des meufs, j'ai foncé.





D'un point de vue visuel, et avec la qualité Bluray qui va bien, on ne se moque pas de nous, ce premier épisode est tout simplement magnifique. Il distille au gré des plans des paysages au lyrisme exacerbé et au romantisme bienvenu car il contraste avec les violentes scènes de batailles, particulièrement réussis au demeurant.

Les animations sont riches et détaillés, les mouvements amples et beaux mais cela ne suffirait pas si le scénario battait de l'aile.
Or j'ai trouvé que ce dernier tenait relativement la route, les fans s'insurgeront probablement car visiblement des libertés sont prises, mais, ne connaissant pas l’œuvre de Kentaro Miura, je m'en souciais guère.






Il nous est conté l'histoire de Guts, un mercenaire à la force exceptionnel qui manie une épée relativement gigantesque et de sa rencontre avec Griffith qui, contrairement à tout ce que l'on pourrait penser, est tout à fait hétérosexuel (Guts met d'ailleurs cela en doute de façon amusante lors de leur rencontre).

Au fil du temps, des liens se tissent alors que Guts rejoins le groupe de Griffith malgré un différent notable en début d'aventure et finalement l'histoire met en exergue des notions de fidélité et d'honneur assez plaisantes.

En tout cas, cela donne envie de voir la suite.



Lire c'est sexy


 Je suis tombé il y a peu sur un article amusant qui menait à une vidéo donc j'aimerais à présent vous faire part.
A l'heure de l'hyper diffusion, où les gens reçoivent de plus en plus de choses brèves et "efficaces", privilégiant souvent la forme au fond, des objets comme les livres semblent devenus des reliques poussiéreuses si l'on met de coté les auteurs à succès qui continuent à vendre.

Mais bien entendu cela n'empêche pas la "littérature" d’expérimenter, et heureusement, on voit même des choses intéressantes autours de cette dernière.
Et il fallait bien cette chère Stoya, créature pâle et frêle, ancienne compagne de l'ami Manson pour nous montrer que non, lire n'est pas has-been, et qu'en plus, ça peut être sexy.



mardi 18 septembre 2012

Les autres musiques électroniques...



l'éducation du bruit


Des genres de musique à part?




Comme beaucoup de gens j'écoute de la musique électronique.
Depuis mon plus jeune âge, j'ai ressenti une forte attraction vis-à-vis de la techno. D'une certaine manière, les tubes "Dance" que j'écoutais dans les années 90 quand j'étais enfant jouèrent un rôle important dans mon éducation musicale.
Pour autant, là où, aujourd'hui, les gens en soirée s'épanchent volontiers aux sujets de courants musicaux tel que la Minimal, la drum' and bass, la Hardtek et j'en passe, je parle plus aisément de Powernoise, d'Electro Indus,de Dark Ambiant voir de Cyberpunk.
Pourquoi? Qu'est-ce qui est différent? pourquoi ces styles sont bien moins représentés? Comment se fait-il que les gens qui écoutent de la musique électronique y soient parfois insensibles alors que j'ai encore parfaitement en mémoire des publics en fusion totale lors de set de Twinkle pour ne citer qu'eux?
Je ne pense pas pouvoir ici apporter une réponse, mais je peux vous parler de quelques projets qui me tiennent à coeur.


Mes premiers pas.




Je suis me suis intéressé assez tôt aux musiques extrêmes, cherchant à repousser les limites du supportable, à vivre des expériences de traumatismes auditifs (mon label favori a fait de ce concept son credo mais nous en reparlerons).
Bien entendu, il fallait aussi que ce soit sombre et des magazines papiers comme Elegy, D-Side ou sur internet comme le Webzine Obskür furent une source quasi inépuisable de recherche musicale à une période (2004 fut une année charnière et particulièrement riche ).
Bien des groupes que j'écoute aujourd'hui je les dois à ces magazines, je suis obligé de citer Punish Yourself puisqu'un pan entier de mon existence est lié au forum du groupe.
Pour ceux qui ne connaissent pas, Punish Yourself est un groupe toulousain au style indéfinissable qui mélange habilement tout un tas de styles extrêmes finissant par "core".
Ce groupe a agit sur pas mal d'entre nous comme un catalyseur de folie pure et de joyeux chaos duquel certaines personnes eurent du mal à sortir.
Je vous mets un petit extrait pour que vous compreniez.









Avec les lives de Punish Yourself que je suivais un peu partout à l'époque, je rencontrais un nombre incalculable de "Punisheurs" au travers de la France et même parfois de Belgique, dont certains sont encore aujourd'hui de vrais amis.
Nous partagions beaucoup et en premiers lieux de la musique.
Via le forum, je rencontrais à l'occasion d'un concert de Vitalic à la Loco, un personnage important de la scène indus-noise, Pedro, connu pour son projet HIV+ pour lequel j'ai beaucoup d'affection puisque il a participé à mon "éducation du bruit" et du coup a joué un rôle sur l'orientation que j'ai prise par la suite.






Audiotrauma




Plus les années ont passé et plus j'ai voulu découvrir cette branche là particulièrement. J'aimerais vous dire qu'il s'agit de "musique industrielle" mais en réalité les noms sont souvent trompeurs et beaucoup de gens ne seront pas d'accord sur l'étiquette à donner. On parle d'indus à longueur de temps mais au final les visions divergent énormément.
Ce n'est pas le plus important, je vais désormais vous parler du label qui me passionne le plus ces dernières années sans qui cette scène (en France tout de moins) pourrait bien s'éteindre : Audiotrauma.
Le nom est extrêmement bien choisi, j'ai souvent été choqué, dérangé, violenté dans ce que je croyais savoir à l'écoute de leurs CD, j'ai été ému, enragé par leurs musiques, comme jamais auparavant.
Syco & Arco Trauma, à qui l'on doit tout, sont des amoureux du bruit qui ont littéralement su le dompter au fil des années, avec leurs projets personnels (Chrysalide, Sonic Area, Republik of Screens) et ceux du reste du label (Twinkle, Amesha Spenta ou le Diktat pour ne citer qu'eux...) en conservant une homogénéité, disques après disques, bluffante.
Je vais vous parler, vidéos et extraits musicaux à l'appuis, des projets qui me font le plus vibrer.

Chrysalide: 

Synthèse parfaite de ce que peut représenter le label, Chrysalide était autrefois un être étrange, bruyant et difficile d'accès, supporter un live entier était un défi (même pour moi) mais le potentiel était bien là.
Au fil des albums, les sonorités se sont affinées, les deux frères ont su élargir leur palette auditive et amener de nouvelles saveurs au projet tout en proposant des performances lives de plus en plus poussées.






J'aime d'ailleurs tellement leur musique, que lors de mes expérimentations vidéos à la fac, j'avais utilisé, pour un court-métrage réalisé avec Aurélie Prunier, deux morceaux, ce qui donne ceci (cela n'a rien à voir avec le bouquin du même nom).








Le résultat est un peu bancal (on s'est décidé à faire ce court un soir sur un coup de tête en utilisant l'ambiance si particulière du groupe) mais certaines choses fonctionnent bien et puis le dernier morceau "The Resigned" est un de mes favoris du groupe, en live, à l'époque c'était une sacré émotion.



Twinkle:


Ce projet-là possède un aspect plus "break", plus dansant d'ailleurs, une énergie bondissante qui fait mouche en live, c'est peut-être l'un des projets les plus accessibles aussi, en général, même les non-initiés au genre apprécient les lives de Twinkle qui mélangent rythmiques acérées et prestations scéniques enthousiasmantes.
Ci-dessous, un extrait de "Ton Style" avec une montée en puissance qui retourne le cerveau:







Sonic Area:


Projet solo d'Arco, l'un des membres fondateurs du label (et du groupe Chrysalide vu au dessus par la même occas'), Sonic Area est indéfinissable et évolue d'année en année.
Ce qui ne change pas en revanche, c'est l'intensité des ambiances que propose l'intéressé et la finition des morceaux que l'on peut écouter.
Cinématographique, inspiré, la musique d'Arco transporte, envoute, nourrie l'imaginaire.
Cela tombe plutôt bien puisque son nouvel album est sorti , je peux donc illustrer mon propos avec un extrait sonore très actuel.







Ce morceau est représentatif du travail fourni par Arco puisqu'on subit l'assaut de vagues de sons qui pénètrent le corps, s'il fallait qualifier sa musique en un seul mot, je dirais qu'elle est épidermique.


Extrait sonore II - Nous n'avons pas d'autre choix...



 Perdre Pied


Bien entendu, ces "musiques industrielles" rythmées sont souvent particulièrement "physiques" dans le sens où pour la Techno-indus par exemple (ou Powernoise ou encore Rythmic Noise) c'est plus dans le corps que ça va se passer.
Certains projets sont particulièrement bons à ce niveau, agissant comme une drogue substance sur l'organisme. En lorgnant du coté d'autre styles de Techno, on obtient parfois des cocktails détonnants mais pas aussi vulgaires que peuvent l'être, à mon sens, certains styles estampillés "Teuf" (la Techno hardcore ou la Hartek pour ne citer qu'eux).
Je ne critique absolument pas cette musique au demeurant, mais, au risque de paraitre un poil élitiste, je préfère la recherche sonore des sons indus, que je trouve tout simplement plus approfondis et plus proches de ce que je recherche.
Un exemple avec Iszoloscope, projet venu du Canada qui nous offre ici un morceau de Techno-Indus dans toute sa pureté, profond, jaillissant et hypnotique.









Comme vous l'entendez, on se rapproche carrément des rythmiques de la techno hardcore, mais sans avoir l'impression d'être un jacky, fan de tunning et secrètement amoureux de Cindy Sanders, ce qui est appréciable.
On retrouve aussi cette puissance chez le grenoblois de Sulphuric Saliva, je n'ai malheureusement pas pu vous trouver d'extraits lives, mais écoutez plutôt:






 



Christophe Leusiau est l'un des musiciens qui m'a le plus influencé, si vous connaissez un peu mon projet solo Serial Industrie (je vous reparlerais bientôt de l'Enfer, mon dernier album en date) vous avez peut-être déjà entendu ces nappes de sons "rouillés" que j'affectionne particulièrement qui rappellent les synthés de Sulphuric Saliva.
Ici c'est intéressant car on est assez loin de la rage des productions Audiotrauma mais plus proche d'une poésie du bruit, d'une symbiose avec ce dernier, d'une cohabitation.
La musique n'est autre que bruit éduqué.
L'avant dernier projet, c'est mon coup de coeur d'ado le plus marquant qui m'a lui aussi énormément influencé et qui porte le doux nom de This Morn Omina.
Ici les sonorités électroniques et industrielles se marient avec d'intenses percutions tribales et des samples éthno-sexy savamment placés offrant des performances lives inoubliables.
Malheureusement, le projet a beaucoup perdu depuis que Sal-ocin (Empusae dont je vous reparle juste après et qu'on voit s'enflammer aux percus sur la vidéo) a quitté le groupe.
Souvenirs de l'époque où c'était beaucoup trop cool:









Et pour finir, un morceau d'Empusae justement, le projet de Sal-ocin qui est tout simplement mon projet favoris tous styles confondus, vous pouvez retrouver ma chronique de son dernier album ici, et je vous laisse avec Neupriden et ses superbes samples issus de Delicatessen:










J'espère que ce petit voyage sous forme de brève éducation du bruit vous a plu, si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'en faire part.